Corps de livres, vêtus de mots

Le travail de la ‘’sculpteure de lumière’’ Geneviève Oligny est tout simplement unique. Ses étonnants personnages aux mille détails, éclairés de l’intérieur et ciselées à partir de pages de livres, de reliures, de tabliers de dactylographes ou autres éléments liés à l’écriture et au livre captiveront les publics de tous les âges.Dans la logique de récupération et de «seconde-vie» qui est à l’origine de tout son art, Geneviève explore des techniques de plissage et de transparence, travaillant le plus souvent du détail vers l’ensemble. Sa formation en gravure est mise à contribution, s’inscrivant dans le vêtement de papier à coup d’incisions, y tatouant de minuscules alphabets de lumière.

«Le corps abrite sa propre lumière. De ce principe naît l’idée de le vêtir d’habits qui laissent passer la lumière. La puissance métaphorique de cette démarche artistique suggère aussi que le corps abrite une parole et des mots».
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biosphère nouvelle visite 015

L’artiste utilise comme matière première les livres élagués par les bibliothèques et voués à la destruction. Le propos n’est toutefois pas un discours sur le recyclage, mais un désir, à travers une installation à la fois sophistiquée et ludique, d’exprimer, à force de détails issus des explorations dans la matière physique des livres et l’intimité de leurs odeurs, transparences, sonorités et autres vocabulaires; une sensibilité à l’objet livre que récuse une société maladivement cumulative et cultivant la désuétude sans attaches sentimentales à la sincérité d’un objet. Avec le projet Corps de livres; vêtus de mots, l’artiste évoque, dans des installations renouvellées, une réflexion sur la désuétude et ses charmes, sur notre rapport aux détails, souverain de passage et maîtres du jeu.

Entretenant un rapport très personnel et particulier avec le livre, la lecture et les mots, l’artiste a voulu faire du livre, dans toutes les déclinaisons possibles, une création à grande portée pour l’imaginaire.

J’ai lu des tonnes de livres.

Ouvert, pénétré, fermé des montagnes de livres

je les ai traversés et je me suis fermé les yeux,

je les ai réouverts.

 

En lues heures de marges heureuses

une valse instinctive en suspension sur le sourire des ombres cachées

à fleur de peaurosité imagine air

le souverain détail maitre du jeu

 

et le plus gauche sera le plus gracieux.

 
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